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TV ARTE Journal - 09/05/12

"C'est un désastre pour la Grèce"

Les élections en Grèce viennent de compliquer encore plus la tâche du futur gouvernement. Les partis conservateur et socialiste qui soutenaient les politiques d'austérité se sont effondrés. L'extrême droite et l'extrême gauche sont les arbitres politiques du pays. Ira Feloukatzi journaliste grecque en poste à Paris fait le point sur cette situation inextricable.

 

Ira Feloukatzi 

Alexander Wolkers pour ARTE Journal: Comment voyez-vous le résultat des élections?

Ira Feloukatzi : „Le résultat est très confus et il n’y a pas de majorité qui se dégage. C’est un désastre pour un pays qui traverse une telle crise et qui est durement frappé, c’est un désastre que le pays se retrouve ingouvernable. Car selon les premiers indices que personne ne veut aller avec personne. On n’a alors deux scénarios qui sont tout le deux tout aussi catastrophique :

  • Le premier scénario serait un gouvernement minoritaire qui aurait besoin de la force parlementaire des autres partis pour gouverner et qui peut tomber à tout moment.
  • Le deuxième scénario serait de nouvelles élections au mois de juin. A ce moment-là il faut espérer que les grecs – ayant déjà vu le résultat de ces élections ci – peuvent avoir une autre logique que celle du mécontentement et du vote sanction et qu’ils mettent dans l’urne un bulletin qui favorise le consensus plutôt que la division.

Vous pensez qu’il est impossible que des partis s’entendent pour former une coalition ?

Ira Feloukatzi : Il y a déjà eu dans l’histoire de la Grèce des majorités introuvables et face à de telles impasses on a trouvé des compromis comme après la fin de la dictature en 1974. Mais aujourd’hui il y a de telles passions, un tel mécontentement… Le parti Syriza, qui est arrivé en deuxième position par exemple n’est pas un parti révolutionnaire, c’était plutôt un parti des intellectuels et des artistes, un parti plutôt modéré et moderne. Mais actuellement il porte le poids des électeurs qui sont contre le plan européen. Si accepte de négocier avec les conservateurs, il perdrait tout le potentiel qu’il a gagné. Par contre on peut imaginer que le parti communiste et le parti démocrate de gauche s’entendent à la longue avec Syriza, c’est une option possible. Mais il est trop tôt pour le dire, pour l’instant les positions sont assez raides.

La Grèce a besoin de 30 milliards d’euro jusqu’à la fin du mois de juin. Que ce passent-il s’il n’y a pas de gouvernement jusqu’à ce moment-là ?

Ira Feloukatzi : C’est vraiment une impasse. Il faudrait que l’Union Européenne fasse un geste. Tous les experts sont d’accords pour dire qu’il faut du temps pour accomplir des réformes qu’on demande à la Grèce. Il faudrait à ce moment-là que l’Europe se montre patiente est donne un peu de marge, comme elle sait le faire quand elle se retrouve dans une impasse.

Le parti néonazi « L’aube dorée» a fait un très bon score, comment jugez-vous cette évolution ?

Ira Feloukatzi : Cette politique de l’austérité demande beaucoup de sacrifices aux gens modestes et certains se réfugie dans la xénophobie, il rejette la faute sur les étrangers sur l’autre. Et il y a actuellement beaucoup d’immigrés en Grèce, la frontière avec la Turquie est vraiment une passoire. C’est donc une évolution conjoncturelle mais qui risque d’être durable. J’ai appris que « L’aube dorée » a refusé aujourd’hui à des journalistes l’accès à une conférence de presse qu’ils refusaient de faire le salut hitlérien ! Ce sont des événements dramatiques et inconcevables dans l’Europe moderne.

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FRANCETV INFO

La campagne vue de l'étranger : intéressante mais superficielle

Les journalistes étrangers dressent un jugement sévère sur la campagne présidentielle.

Pour l'hebdomadaire américain "Time" du 2 avril 2012, Nicolas Sarkozy est en sursis. Et selon l'hebdo britannique "The Economist" du 31 mars 2012, la France est "dans le déni".Pour l'hebdomadaire américain "Time" du 2 avril 2012, Nicolas Sarkozy est en sursis. Et selon l'hebdo britannique "The Economist" du 31 mars 2012, la France est "dans le déni". (TIME / THE ECONOMIST) Par Ilan Caro, Christophe Rauzy

Mis à jour le 05/04/2012 | 12:28 , publié le 05/04/2012 | 12:01

Contrairement aux apparences, la campagne présidentielle n'est pas qu'une affaire franco-française. A mesure que l'échéance approche, les journaux étrangers y consacrent de plus en plus de place. Avec parfois quelques coups d'éclat, comme cet éditorial choc du Wall Street Journal, intitulé "Nicolas Le Pen", au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy à Villepinte. Ou cette une du magazine britannique The Economist, selon lequel "la France est dans le déni".

Quel regard les journalistes étrangers en poste à Paris portent-ils sur cette élection ? Quelques-uns d'entre eux étaient invités à livrer leurs impressions, mercredi 4 avril, lors d'un débat organisé à l'Institut suédois par le cabinet APCO Worldwide et Euractiv.fr, qui avaient commandé pour l'occasion une étude (fichier PDF) à l'institut OpinionWay, menée auprès de 182 "leaders d'opinion" étrangers : journalistes, diplomates et dirigeants d'entreprise.

Tout ce beau monde, dixit OpinionWay, juge cette campagne électorale "intéressante". Mais le directeur de l'institut, Bruno Jeanbart, souligne un paradoxe : "Lorsqu'on leur demande de choisir des mots pour la qualifier, ils citent surtout des adjectifs négatifs." Intéressante, donc, mais aussi "ennuyeuse" et "superficielle".

(FTVi)

"Les candidats parlent trop peu des vrais sujets", regrette le Britannique Paul Taylor, journaliste à l'agence Reuters. Son confrère suédois Johan Tollgerdt, du journal Svenska Dagbladet, ne voit dans les débats actuels "rien sur les choix stratégiques pour l'économie française, comme si la question n'existait pas". Dans un contexte désenchanté par la crise, Gabriele Parussini, du Wall Street Journal, estime qu'il y a "peu d'occasion de rêver". Un constat partagé par la journaliste grecque Ira Feloukatzi : "J'ai suivi plusieurs campagnes, au cours desquelles il y avait de grandes envolées. Pas cette fois-ci. Depuis deux semaines, il ne se passe rien, on les voit se balader au marché, mais c'est creux !"

La France, nostalgique et schizophrène ?

Les solutions avancées par les différents candidats ne trouvent pas grâce à leurs yeux. "Savoir qui va sauver les emplois sidérurgiques de Florange n'est peut-être pas le meilleur départ pour parler de l'avenir de l'économie, assène Paul Taylor. La France se voit comme une victime de la mondialisation, ce qui n'est pas forcément exact, mais qui pourrait le devenir à force de le penser." Cette "campagne spectacle", selon les mots d'Alberto Toscano, fait la part belle à la surenchère. "Pour faire parler de soi, il faut sortir la plus grosse énormité possible", critique le journaliste italien. Sortie de Schengen, taxation des hauts revenus à 75%, traque des exilés fiscaux… Autant de "mesures inapplicables", déplore-t-il.

Moins durement touchée par la crise que certains de ses voisins, la France serait-elle restée au milieu du gué ? L'Américain Gabriele Parussini souligne une certaine "schizophrénie". "La France n'a pas pris de mesures radicales comme l'Espagne ou l'Italie, mais n'a pas non plus accompli des réformes en amont comme l'Allemagne. Soit on sauve les meubles, soit on va de l'avant. La France mérite un projet de société plus clair", plaide-t-il. Alberto Toscano, lui, pense que la France souffre d'une nostalgie chronique : "On parle toujours de changement. Mais pour aller où ? Pour revenir au passé !"

Hollande vu en vainqueur, mais…

Ce cruel constat posé, quel candidat a-t-il le plus de chances de l'emporter le 6 mai ? Selon l'étude d'OpinionWay, l'écrasante majorité des journalistes, diplomates et cadres interrogés s'attendent sans surprise à un duel Hollande-Sarkozy au second tour. Quelque 52% pronostiquent une victoire finale du socialiste, 46% celle du président sortant et 2% celle de François Bayrou. Mais parmi l'échantillon, les journalistes sont les seuls à parier majoritairement (52%) sur une victoire de Nicolas Sarkozy. "Rien n'est encore joué, prévient Johan Tollgerdt. Au dernier moment, les gens peuvent encore se dire : 'On sait ce qu'on a, on ne sait pas ce qu'on aura.'"

"Si Nicolas Sarkozy l'emporte, il aura vraiment réalisé un exploit, nuance Paul Taylor. Son plus gros handicap reste son impopularité. En face, François Hollande se positionne comme celui qui va gagner par défaut. Il est dans l'évitement de l'erreur, ce qui le rend extrêmement ennuyeux à couvrir. C'est unpari risqué."

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TV5 Kiosque Dimanche 20/05/2012

LES THÈMES DE L'ACTUALITÉ

Pour la première fois de son histoire, le gouvernement français est paritaire ;
Premiers contacts diplomatiques, F. Hollande a rencontré A. Merkel, B. Obama et les membres du G8 ;
La Grèce retournera aux urnes, le G8 réfléchit à la manière de sortir le pays de la crise, sans pour autant sortir de l'Euro ;
Facebook à Wall Street, le réseau social y fait une entrée mitigée…

La semaine de Dilem

Dilem

Les correspondants invités cette semaine

Ira Feloukatzi

Grèce

Ira Feloukatzi est la correspondante à Paris de l'hebdomadaire grec Epikera. Elle collabore aussi à divers médias grecs, tel le quotidien Elefterotypia. Installée en France depuis 1966, elle y couvre l'actualité politique, sociale et culturelle.
Ira Feloukatzi est également poète et écrivaine. Elle participe à de nombreuses lectures de poésie et a publié trois recueils : Paysages Vibrants (2000), Résonances (2001) et Mythologies d'Amour (2006) chez l'Harmattan ; ainsi qu'un roman, sous le nom d'Argenta Estrela, Le Dépassement (2005) aux éditions Lanore

Alberto Toscano

Italie

Alberto Toscano après avoir collaboré comme correspondant en France à quelques uns des titres prestigieux de la presse italienne est aujourd'hui éditorialiste pour l'agence de presse italienne AGA.
Alberto Toscano est l'auteur de plusieurs ouvrages publiés en Italie. En France, il a écrit France-Italie. Coups de tête, coups de cœur, aux éditions Taillandier (2006) ; Critique amoureuse des Français chez Hachette littératures (2009) ou
Vive l'Italie. Quand les Français se passionnaient pour l'unité italienne chez Armand Colin (2010)et Ces gaffeurs qui nous gouvernent, chez Fayard, 2011

Rudolph Chimelli

Allemagne

Journaliste tout terrain, Rudolph Chimelli a parcouru le monde, du Proche-Orient à la Russie avant de devenir correspondant du grand quotidien allemand Süddeutsche Zeitung à Paris.

Lisa Bryant

États-Unis

Lisa Bryant est la correspondante à Paris de la chaîne d'État américaine Voice of America (La Voix de l'Amérique) qui diffuse ses émissions de radio et de télévision dans le monde entier. Lisa Bryant y couvre l'actualité française, européenne et maghrébine.
Elle anime également des ateliers destinés aux journalistes dans plusieurs pays africains

Zyad Limam

Tunisien d'origine, Zyad Limam est directeur d'Afrique Magazine, mensuel panafricain francophone qui scrute l'actualité de tout le continent et tire à 45 000 exemplaires.

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TV PUBLIC SENAT

A la Une

LE 22 h

Debat

Invité : André Chassaigne

Diffusée

7/06/2012
Durée : 44 minutes

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27 JUIN DEBAT LCP AAA

                                                   ***

France Ouest-France  3/3/2012

La présidentielle en bref

En ce moment sur ouest-france.fr

MONDE FRANCE SPORTS REGIONS MA COMMUNE INFORMATION FORUM ACTUALITÉ LOISIRS

À J-50, le regard des journalistes européens

Ces professionnels suivent la politique française pour leurs compatriotes italiens, allemands,

anglais, grecs ou espagnols. Incisifs, ils regrettent des débats plutôt creux.

Une campagne de fond ?

    « Elle est assez populiste et ça ne devrait pas se calmer », indique Sascha Lehnartz, correspondant pour lequotidien allemand Die Welt. « Les débats volent bas, confirme Ira Feloukatzi, du quotidien grec Elefterotypia. Le plus étonnant, c’est Sarkozy qui se présente comme Dieu, à 50 jours de l’élection, pour sauver les ouvriers, et qui fait des propositions qui devront être votées après le scrutin ! » Alberto Toscano, écrivain et journaliste pour l’agence italienne Aga, estime qu’« il n’y a pas de véritable vision politique dans cette campagne». Son compatriote Massimo Nava, éditorialiste pour le quotidien Corriere della Sera, se satisfait néanmoins de la place donnée aux questions internationales.

      Sarkozy-Hollande, le duel. Selon ces journalistes, les jeux ne sont pas faits. Tous reconnaissent le   

« charisme », le « sang-froid à l’international» et le « don de candidat politique» de Nicolas Sarkozy. «Il a fait une entrée fracassante, brutale et efficace», analyse Juan Pedro Quiñonero, du quotidien espagnol ABC.Ira Feloukatzi, sa consoeur grecque, lui oppose son « bilan dévastateur ». Selon Alberto Toscano, le Président peut compter sur sa maîtrise des pouvoirs publics et une utilisation « berlusconienne» de l’information. « Même en Italie, ça n’aurait pas été possible d’être interviewé sur une dizaine de chaînes en même temps…»

      François Hollande est reconnu comme un « conciliateur, un homme de synthèse » par Ira Feloukatzi, qui regrette son attitude : « Un pas en avant, un pas en arrière…» Son programme est jugé « pas très réaliste sur le plan économique et européen» par l’Allemand Sascha Lehnartz. L’Espagnol Juan Pedro Quiñonero est nostalgique : « Ségolène Royal était une bonne cliente, alors que Hollande est tellement bien élevé! Même avec les ouvriers, il reste un politicard parisien…». « À Londres, les gens le regardaient en disant : “C’est qui ce mec ?”», ajoute Matthew Campbell, du journal britannique The Sunday Times.

       Bayrou, Le Pen, Mélenchon… Pour Ira Feloukatzi, Bayrou est « un homme-tronc » : « Il aurait pu être l’homme providentiel, mais on lui a coupé les bras, les mains, on l’a isolé.» Selon Alberto Toscano, le candidat du MoDem est « fier de son indépendance, mais elle est malheureusement inutile dans le système politique français ». Le programme de Marine Le Pen est vu comme « absurde», et l’argumentaire de Mélenchon « utile » mais « pas hyperréaliste».

Céline LEBRETON.

Ces gaffeurs qui nous gouvernent,

d’Alberto Toscano, Fayard, 2011.

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                             FRANCE 24

Notre table ronde d’experts passe en revue les événements de l’actualité internationale de la semaine. Le vendredi, à 19h10.

http://www.france24.com/fr/20120504-une-semaine-le-monde-partie-2/

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Dernière modification : 07/05/2012

Présidentielle 2012 : la campagne vue de l'étranger (partie 2)

  • Dimanche, les français éliront celui qui deviendra leur prochain Président de la République. Ce sera François Hollande ou Nicolas Sarkozy. Qui a fait la meilleure campagne? Quels en ont été les moments forts? Comment a-t-elle été perçue par la presse étrangère? Nous serons avec des éditorialistes de la presse étrangère. Ils nous diront comment ils ont vécu cette campagne.

Nos invités :

  • Ana NAVARRO PEDRO, correspondante à Paris pour le magazine portugais Visao
  • Ira FELOUKATZI, correspondante à Paris pour le magazine grec Epikéra.
  • Seidik ABBA, correspondant de l'Agence de presse Panafricaine "Panapress"
  • Gabriele PARUSSINI, correspondant pour le Wall Street Journal et le Dow Jones à Paris

Regardez la première parti

                                                          ***

La semaine politique vue par une journaliste grecque

L'Obs

par L'Obs

ra Feloukatzi, correspondante à Paris du quotidien grec "Elefterotypia" et de l'hebdomadaire "Epikera", livre son regard sur la campagne présidentielle. Elle revient sur la bousculade de Nicolas Sarkozy à Bayonne, sur les mots de trop des candidats et regrette que la campagne ne se place pas plus sur les idées...

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                                                           ***

 FRANCE INFO

http://www.franceinfo.fr/emission/28903/archives

Micro européen

le dimanche à 07h20, 14h20, 17h10 et 00h45

Débat hebdomadaire entre 2 journalistes européens pour élargir notre champ de vision sur l’un des sujets de la semaine en France ou en Europe

         

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L'EXPRESS

Ce que les étrangers pensent de l'élection présidentielle

Par Emilie Lévêque, publié le 04/04/2012 à 17:49

Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ce-que-les-etrangers-pensent-de-l-election-presidentielle_1441879.html#XGmyAIgjEXrdx1x5.99

Un meeting de Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l'élection présidentielle, le 27 mars à Nantes.

REUTERS/Stephane Mahe

Les correspondants de la presse étrangère à Paris font un bilan au vitriol de la campagne présidentielle. Selon eux, les candidats ne disent pas la vérité aux Français et évitent les sujets prioritaires. Ils donnent François Hollande gagnant, même s'ils ne sont pas séduits.

La campagne présidentielle française semble ennuyer les Français. Leur intérêt pour les débats et les candidats est d'environ 10 points inférieur à ce qu'il était il y a cinq ans à la même époque, indiquent les sondages - l'abstention au 1er tour pourrait même être deux fois plus importante qu'en 2007. Tout l'inverse des leaders d'opinion étrangers travaillant en France - cadres et dirigeants, personnels d'ambassade et journalistes étrangers, que la campagne intéresse à plus de 70%, selon un sondage OpinionWay pour Euractiv.fr et APCO Worldwide publié ce mercredi. Ce chiffre flatteur est toutefois à relativiser. 

Sur les trois catégories de personnes interrogées, les cadres, personnes les plus impliquées dans la vie économique du pays, ne sont que 53% à estimer les débats intéressants. Les correspondants de presse sont eux 82%. Profession oblige. Mais en réalité, les journalistes étrangers portent un jugement au vitriol sur la campagne tricolore. "Le mot clé de cette campagne, c'est le "buzz", on sort des énormités pour faire parler de soi, comme sortir des accords de Schengen ou taxer les riches à 75%, estime Alberto Toscano, correspondant à Paris pour la télévision italienne. C'est une campagne spectacle où est absent ce qui pour moi est l'essentiel: comment réformer et sauver l'Etat social en France." 

"Les Français regardent trop en arrière, pas assez en avant. Il n'y a aucune propositions chez les candidats sur la manière dont la France peut trouver sa voie d'excellence dans la mondialisation", déplore Johan Tollgerdt, correspondant à Paris du journal suédois Dagbladet. "Cette campagne est fille de la crise, elle oscille entre la nécessité de réduire les déficits et la tentation de faire des promesses, mais je n'y vois aucun projet qui fasse rêver", regrette Gabriele Parussini, correspondant du Wall Street Journal. "Quand il est question des déficits, tout le monde parle d'augmenter la pression fiscale, mais aucun candidat n'a le courage d'aborder la question de la réduction des dépenses publiques. Il faut dire la vérité aux Français, sinon il y aura des lendemains qui déchantent et j'y vois un vrai risque d'explosion sociale", prévient Paul Taylor, correspondant de l'agence Reuters. 

Sarkozy ou Hollande?

Ces journalistes étrangers, réunis lors d'un débat mercredi par les auteurs de l'enquête d'opinion, avouent d'ailleurs que la campagne présidentielle française passionne peu dans leurs pays respectifs. Sauf en Grèce. "Les Grecs ont les yeux tournés vers la France, ils espèrent que ce sera le point de départ d'une vague rose qui va déferler sur l'Europe, explique Ira Feloukatzi, correspondante pour les journaux Epikaira et Elefterotypia. Les Grecs avaient placé beaucoup d'espoir dans Sarkozy, mais il a déçu en se pliant à la volonté d'Angela Merkel. Aujourd'hui, ils sont séduits par les propositions de François Hollande de renégocier le pacte fiscal européen, de donner plus de pouvoir à la BCE ou encore de taxer les riches." 

Concernant l'issue du scrutin, les leaders d'opinion étrangers voient François Hollande vainqueur à 52%. Les journalistes eux sont plus circonspects. Ils n'écartent pas une victoire de Nicolas Sarkozy. Ils sont très critiques envers le candidat socialiste, qui ne les séduit pas, loin de là. "Hollande se positionne comme celui qui va gagner par défaut s'il ne fait pas d'erreur. Il est dans l'évitement de l'erreur, ce qui le rend ennuyeux", estime Paul Taylor. "C'est un pari risqué", ajoute-t-il. "Cette campagne, c'est un peu la troisième mi-temps de 2007, explique Alberto Toscano. Sarkozy paie les promesses non tenues de son quinquennat." "Rien n'est joué d'avance, résume Johan Tollgerdt, les Français hésitent. Ils se disent: on sait ce que l'on a, on ne sait pas ce que l'on aura..." 

Comment ces journalistes analysent-ils le phénomène Mélenchon? Pour Ira Feloukatzi, la montée en puissance dans les sondages du candidat du Front de gauche est "plus utile que nuisible à François Hollande", elle "gonfle les troupes de la gauche". Tous sont persuadés qu'en cas de victoire de François Hollande, le Parti communiste reprendra le dessus au sein du Front de gauche pour calmer les ardeurs de leur leader, afin d'obtenir des sièges au Parlement. "Hollande fera le coup de Mitterrand aux communistes en 1981, il les embrassera pour mieux les étouffer", ironise Paul Taylor. Le correspondant de Reuters estime d'ailleurs que les socialistes n'auront pas besoin de marchander, car l'UMP aura éclaté et le bloc de droite sera morcellé. Et si Nicolas Sarkozy gagne la présidentielle? "Il y aura une nouvelle cohabitation en France, car l'électorat de gauche se mobilisera pour les élections législatives, alors que si Sarkozy perd, l'électorat de droite se démobilisera", prédit Alberto Toscano.

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Dans la campagne, les politiques évitent « les vrais sujets »

Selon des correspondants étrangers à Paris, les candidats ne préparent pas les Français aux « sacrifices » qu’ils vont devoir faire. Hollande « fait la tortue », Sarkozy promet des réformes irréalisables et Mélenchon intrigue.

Débat présidentielles avril 2012Débat présidentielles avril 2012© Droits réservés

Le regard est sévère. Invités par EurActiv.fr, Apco et l’institut Opinion Way à faire part de leur vision de la campagne présidentielle française, mercredi 4 avril, cinq correspondants à Paris de la presse européenne et internationale ont jugé les débats totalement décalés par rapport à la réalité de la crise économique qui frappe l’Europe, et en particulier la France.

Ils ont notamment réagi à l’étude Opinion Way sur le regard des étrangers sur la présidentielle françaises, dont les principaux résultats sont ici.

>>> Ecouter le débat dans son intégralité diffusé par Euradionantes

La crise oubliée

Pour Paul Taylor, correspondant de l’agence Reuters à Paris, les « vrais sujets » sont peu abordés dans la campagne. Les réductions des dépenses publiques et l’établissement de mesures d’austérité sont considérés comme des « pièges » par les candidats, et tout simplement ignorés. « La réponse des candidats sur les déficits publics touche à la fiscalité et pas au structurel ».

Les politiques ne préparent les Français aux sacrifices qu’ils vont devoir faire, a-t-il ajouté avant de s’interroger sur l’ » explosion sociale » qui pourrait avoir lieu après l’élection, à force de ne pas dire la vérité aux Français.

Les candidats « font fi » du contexte économique actuel, a également estimé Gabriele Parussini, correspondant du Wall Street Journal. Pourtant, faire campagne en prônant des mesures d’austérité est faisable, « à condition d’avoir un vrai projet ».

La façon dont le Premier ministre britannique David Cameron a été élu, et, dans une moindre mesure, le nouveau chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, en seraient les preuves.

Ces déclarations font écho à un article de l’hebdomadaire The Economist du 31 mars, qui avait jugé les candidats français en plein « déni » de la crise économique actuelle.

« Campagne spectacle »

C’est une « campagne spectacle » polluée par de faux débats, a lâché le correspondant du groupe audiovisuel italien la RAI, Alberto Toscano, qui a raillé des propositions qui veulent faire le « buzz ». L’idée de François Hollande d’instaurer une tranche d’impôt à 75 % pour les revenus annuels dépassant les 1 millions d’euros est « grotesque », et les propos de Nicolas Sarkozy sur Schengen de « la propagande ».

Les candidats devraient plutôt parler de l’avenir du modèle social français, enjeu des années à venir. Si la France a mieux résisté à la crise que ses voisins en misant sur ses amortisseurs sociaux, elle a « creusé ses déficits », a rappelé Alberto Toscano.

La France « nostalgique »

La nature du débat est révélatrice du « paradoxe français de la nostalgie et d’une volonté de changement », a-t-il ajouté. « On ne parle pas d’industrie, ni d’innovation, la France regarde peut-être un peu trop en arrière », selon le journaliste suédois Johan Tollgerdt (Svenska Dagbladet).

Le pays se voit « comme un perdant de la mondialisation ce qui n’est économiquement pas exact », renchérit Paul Taylor pour qui la presse française est en partie responsable de la vacuité des discours et des propositions, car elle ne ramène pas les débats politiques sur les vrais sujets.

Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, serait le seul à donner du souffle à cette campagne tout en représentant cette « nostalgie de mai 68 », a déclaré la journaliste grecque Ira Feloukatzi (Epikaira, Elefterotypia).

L’intrigant Mélenchon

La popularité du candidat d’extrême gauche intrigue d’ailleurs à l’étranger. A tel point que le Wall street journal a couvert son grand meeting à la Bastille. Mais, le candidat du Front de gauche ne devrait pas avoir une grande influence sur la politique menée par François Hollande si le socialiste était élu, ont estimé les journalistes présents.

« On n’entendra plus parler de Jean-Luc Mélenchon le 7 mai », a prédit Alberto Toscano. Paul Taylor a quant à lui ironisé sur le baiser du serpent que François Hollande ferait au leader du Front de gauche. Le socialiste n’aurait, selon lui, pas intérêt à entrer dans un marchandage avec le Front de Gauche pour les prochaines élections législatives.

Hollande « la tortue »

Actuellement, Jean-Luc Mélenchon est un candidat beaucoup plus utile que nuisible pour la gauche, a cependant ajouté Ira Feloukatzi. « Il fait grossir les rangs de la gauche, en amenant avec lui les voix des écologistes, des gauchistes, et même des abstentionnistes. » Il joue « le tribun » pendant qu’Hollande « fait la tortue et courbe le dos ».

Selon Paul Taylor, le socialiste « vit dans l’évitement de l’erreur, et marche dans l’ombre de Nicolas Sarkozy volontairement » car il compte sur l’impopularité de Sarkozy pour gagner ».

Pour Alberto Toscano, cette campagne n’est d’ailleurs que la troisième mi-temps de celle de 2007. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal « étaient très différenciés et proposaient des innovations » comme la démocratie participative ou l’ouverture. Aujourd’hui, le président actuel paye ses promesses manquées.

Critiquée en France, cette campagne est néanmoins « très observée par les États de l’UE, et l’alternance aurait un impact », a indiqué Gabriele Parussini. Les Grecs, par exemple, espèrent la victoire de François Hollande parce qu’il prône une renégociation du traité budgétaire et la relance de la croissance a précisé Ira Felukatzi.

Selon l’étude EurActiv.fr, Apco, Opinon Way, l’élection du socialiste paraît acquise. Un résultat peu étonnant à en croire notamment l’attitude des populations européennes qui, pendant la crise, ont eu tendance » mettre dehors » ceux qui détenaient le pouvoir, a rappelé Paul Taylor. Si Nicolas Sarkozy remportait l’élection, ce serait donc pour lui une « victoire majeure ».

Débat présidentielles avril 2012 © Droits réservés

Le regard est sévère. Invités par EurActiv.fr, Apco et l’institut Opinion Way à faire part de leur vision de la campagne présidentielle française, mercredi 4 avril, cinq correspondants à Paris de la presse européenne et internationale ont jugé les débats totalement décalés par rapport à la réalité de la crise économique qui frappe l’Europe, et en particulier la France.

Ils ont notamment réagi à l’étude Opinion Way sur le regard des étrangers sur la présidentielle françaises, dont les principaux résultats sont ici.

>>> Ecouter le débat dans son intégralité diffusé par Euradionantes

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EurActiv.fr

Les candidats aux présidentielles françaises évitent d'aborder les vrais sujets 

Published: 11/04/2012 - 08:23 | Updated: 20/04/2012 - 09:35

Des correspondants étrangers basés à Paris ont critiqué les principaux candidats aux élections présidentielles françaises pour avoir mis de côté des questions économiques substantielles en faveur de sujets à sensation qui ne donnent lieu qu'à des propositions pour la plupart symboliques. Un reportage d'EurActiv France.

Cinq journalistes de la presse européenne et internationale ont été invités à réagir à une étude commandée par EurActiv France et le bureau de conseil Apco Worldwide sur le regard des leaders d'opinion étrangers sur les présidentielles françaises (voir les principaux résultats).

Pour Paul Taylor, correspondant de l’agence Reuters à Paris, les « vrais sujets » sont peu abordés dans la campagne. Les réductions des dépenses publiques et l’établissement de mesures d’austérité sont considérés comme des « pièges » par les candidats, et tout simplement ignorés.

Les politiques ne préparent pas les Français aux sacrifices qu'ils vont devoir faire, a-t-il ajouté avant de s'interroger sur l'« explosion sociale » qui pourrait avoir lieu après l'élection, à force de ne pas dire la vérité aux Français.

Les candidats « font fi » du contexte économique actuel, a également estimé Gabriele Parussini, correspondant du Wall Street Journal. Pourtant, faire campagne en prônant des mesures d’austérité est faisable, « à condition d’avoir un vrai projet », a-t-il expliqué.

La façon dont le premier ministre britannique David Cameron a été élu, et, dans une moindre mesure, le nouveau chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, en serait la preuve.

Ces déclarations font écho à un article de l’hebdomadaire The Economist du 31 mars, qui avait jugé les candidats français en plein « déni » de la crise économique actuelle.

« Campagne spectacle »

C'est une « campagne spectacle » polluée par de faux débats, a lâché le correspondant du groupe audiovisuel italien la RAI, Alberto Toscano, qui a raillé des propositions qui veulent faire le « buzz ».

L'idée de François Hollande d’instaurer une tranche d’impôt à 75% pour les revenus annuels dépassant le million d’euros est « grotesque », et les propos de Nicolas Sarkozy sur Schengen de « la propagande ».

La nature du débat est révélatrice du « paradoxe français de la nostalgie et d'une volonté de changement », a-t-il ajouté.

« On ne parle pas d'industrie, ni d'innovation, la France regarde peut-être un peu trop en arrière », selon le journaliste suédois Johan Tollgerdt (Svenska Dagbladet).

Le pays se voit « comme un perdant de la mondialisation ce qui n'est économiquement pas exact », renchérit Paul Taylor pour qui la presse française est en partie responsable de la vacuité des discours et des propositions, car elle ne ramène pas les débats politiques sur les vrais sujets.

François Hollande dans l'ombre de Nicolas Sarkozy

Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, serait le seul à donner du souffle à cette campagne tout en représentant cette « nostalgie de mai 1968 », a déclaré la journaliste grecque Ira Feloukatzi (Epikaira, Elefterotypia).

Le candidat du Front de gauche ne devrait toutefois pas avoir une grande influence sur la politique menée par François Hollande si le socialiste était élu, ont estimé les journalistes présents. « On n'entendra plus parler de Jean-Luc Mélenchon le 7 mai », a prédit Alberto Toscano.

Actuellement, Jean-Luc Mélenchon est un candidat beaucoup plus utile que nuisible pour la gauche, a cependant ajouté Ira Feloukatzi. « Il fait grossir les rangs de la gauche, en amenant avec lui les voix des écologistes, des gauchistes, et même des abstentionnistes. »

Il joue « le tribun » pendant que François Hollande « fait la tortue et courbe le dos ». Selon Paul Taylor, le socialiste « vit dans l’évitement de l’erreur, et marche dans l’ombre de Nicolas Sarkozy volontairement » car il compte sur l’impopularité de M. Sarkozy pour gagner.

Selon l'étude EurActiv.fr, Apco, Opinon Way, l'élection du socialiste paraît acquise. Un résultat peu étonnant à en croire notamment l'attitude des populations européennes qui, pendant la crise, ont eu tendance « mettre dehors » ceux qui détenaient le pouvoir, a rappelé Paul Taylor.

                                                           ***

PENSEE LIBRE

La vague Jean-Luc Mélenchon séduit l’Europe

  De Annie Stasse | 10 avril 2012 |

http://www.penseelibre.fr/la-vague-jean-luc-melenchon-seduit-leurope 

De la Grèce à la Belgique, l’engouement pour le candidat du Front de Gauche surprend les observateurs et revigore syndicalistes et militants de gauche.


La manifestation place de la Bastille a fait office de déclencheur médiatique, la percée dans les sondages l’a confirmée : la vogue Mélenchon intrigue et inspire les observateurs étrangers.

Les correspondants de la presse étrangère n’ont pas tous vu venir cette percée. Depuis, ils se rattrapent, et multiplient les papiers sur le troisième homme de la campagne, surnommé « le pitbull qui aimait la poésie » ou encore « l’homme à l’écharpe rouge ».

Suisse

Jean-Noël Cuénod, correspondant du journal La Tribune de Genève à Paris, qui l’a décrit comme l’héritier du révolutionnaire Gracchus Babeuf, ne cache pas son plaisir : « Ça nous change de l’épicerie Le Pen à la troisième place ! », tonitrue-t-il. Et c’est avec une certaine fierté qu’il déclare avoir repéré Jean-Luc Mélenchon « il y a deux ans déjà » :

A mes yeux, c’est une sorte de retour à la normale, à une certaine France traditionnelle, autoritaire, partageuse et égalitaire ! Il faut dire qu’elle est vraiment nulle cette campagne, ça fait du bien de voir un garçon talentueux.

Et lui au moins, il sait parler français !

Suède

La verve du « tribun » continue de surprendre les observateurs étrangers, pas vraiment habitués à ce style. Le flegmatique journaliste Johan Tollgerdt, qui contribue à plusieurs médias suédois, se rappelle ses réticences initiales :reprenons la Bastille

Il a quand même pas mal engueulé les journalistes, qui n’avaient pas une très bonne opinion de lui au début. Et pourtant, les électeurs français ne se sont pas laissés impressionner, ils l’ont écouté. Jean-Luc Mélenchon est la preuve qu’il y a en France une sociale démocratie vivante, en laquelle ses habitants croient encore.

Italie

Pour les observateurs étrangers, la popularité du candidat Mélenchon est le signe d’un possible sursaut de la gauche de la gauche, au delà même des frontières françaises. L’Italien Alberto Toscano est collaborateur pour la RAI, et relève l’intérêt de l’engouement pour le Front de gauche pour les radicaux italiens :

Depuis son réveil brutal aux législatives de 2008, le parti radical italien est orphelin sur le plan intellectuel. Cette nouvelle composante politique qui fera sans doute partie du prochain gouvernement français intéresse plus que le PCF, qui apparaissait comme un partenaire un peu obsolète.

Grèce

D’abord réticente, la journaliste grecque Ira Feloukatzi a changé d’avis lors d’une manifestation devant l’ambassade de Grèce à Paris en février :

Même si ses propositions me semblent assez utopiques, il parle de façon sensible du problème grec. C’est une forme de pression dont on avait besoin.

La journaliste a noté un intérêt manifeste de la part de certains de ses concitoyens pour le candidat du Front de Gauche, qu’ils expriment notamment sur le Web :

Les Grecs sont bien informés et très friands de culture française. Il représente un rêve, dans lequel tout le monde ne doit pas nécessairement suivre les mêmes prescriptions et entrer dans le même moule.

Petros, 23 ans, est jeune militant de Siriza, petit parti membre de la coalition de la gauche radicale grecque. Il a « évidemment » entendu parlé de Jean-Luc Mélenchon :

                                                                ***

TF1 DOSSIERÉlection présidentielle 2012

Les candidats "ne préparent pas les Français aux sacrifices"

Edité par Léa GIRET
le 05 avril 2012 à 05h02 , mis à jour le 05 avril 2012 à 18h49.

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5min

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Pour Hollande, le programme Sarkozy c'est "l'austérité"

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jean-luc mélenchon ,françois hollande ,nicolas sarkozy ,jacques chirac ,austérité ,fiscalité ,vote Dossier Election présidentielleVU DE L'ETRANGER. Hollande "la tortue", Sarkozy "qui va tomber comme un fruit mûr", électorat qui "bouillonne" : cinq journalistes étrangers ont passé au crible mercredi la campagne française.

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"Je vis en France depuis 26 ans. Je trouve la campagne nulle. A croire que je suis devenu Français". Une raillerie signée Alberto Toscano. Comme lui, quatre correspondants étrangers en poste à Paris ont débattu mercredi de la présidentielle à l'invitation d'Euractiv et du cabinet APCO Worldwide. Ces journalistes italien, britannique, américain, suédois et grecque, comme les Français, sont peu enthousiasmés par la campagne. Elle occulte selon eux des thèmes majeurs. Particulièrement la réduction de la dépense publique. Une analyse sans appel : le pire est à venir si une politique d'austérité n'est pas mise en place en France. "Les gros candidats veulent augmenter les impôts. Mais ils passent sous silence la réduction, pourtant inévitable, du millefeuille administratif et l'évolution du régime de retraites", observe Paul Taylor, correspondant britannique de l'agence Reuters. "La France est moins touchée par la crise mais sa dette publique a augmenté de 40% en 5 ans", alerte de son côté Alberto Toscano.
Mais comment se faire élire en annonçant des lendemains qui déchantent ? "On peut faire campagne en disant la vérité. David Cameron l'a fait. Mariano Rajoy aussi. Et ils ont gagné", rappelle Paul Taylor. "C'est possible quand on inscrit ses propositions dans un projet de société clair, susceptible d'offrir du rêve", suggère Gabriele Parussini, du quotidien américain Wall Street Journal. "Les candidats ne préparent pas les Français aux sacrifices, alors qu'il sont inéluctables. L'électorat de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen bouillonne. Une explosion sociale est possible", pronostique Paul Taylor. Comme les Français, les cinq journalistes jugent que le social - chômage, réduction des inégalités, immigration - n'est pas suffisamment abordé. "L'essentiel manque : l'interrogation sur le sauvetage de l'Etat-providence", résume Alberto Toscano.

"La sortie de Schengen, c'était tellement gros!"
 
La faute, aussi, à la "mentalité passéiste" des Français. "En France, on regarde en avant mais surtout beaucoup en arrière. Alors qu'il faut réfléchir à développer des secteurs d'activité", juge Johann Tollgerdt, correspondant suédois pour le Svenska Dagbladet. "Les Français voient la mondialisation comme une menace. Sauver les emplois industriels de Florange ne me paraît pas être le meilleur point de départ", abonde Paul Taylor. Une mentalité qui joue aussi des tours à la France sur le terrain européen, selon les correspondants. "En France, on parle d'Europe, mais mal", juge Alberto Toscano. "La sortie de Schengen, c'était tellement gros ! Et tous les journaux reprennent la déclaration, sans se demander si c'est possible ou non", s'exclame le journaliste, taclant au passage la presse française.

Pourtant, l'arrivée d'un socialiste au pouvoir en France est suivie de près sur le vieux continent. "Quelqu'un de gauche changerait profondément la donne en Europe", estime Gabriele Parussini, du Wall Street Journal, rappelant l'intérêt accordé à François Hollande par les partis de gauche italien et allemand, à un peu plus d'un an des législatives dans ces pays. "Les Grecs suivent l'élection française en espérant qu'elle marquera le début d'une vague rose en Europe", assure Ira Feloukatsi, journaliste grecque. "C'est un peu le deus ex machina qui va sauver l'Europe", s'amuse la correspondante. 

"On m'a commandé un portrait de Hollande"
Que pensent-ils du comportement des candidats ? Hollande joue "l'évitement" pour l'un des participants, "la tortue" pour un autre. "Il pense que Nicolas Sarkozy va tomber comme un fruit mûr. Il attend. C'est dommage : cet homme a de l'esprit et des idées à revendre", juge Paul Taylor. Mélenchon, lui "fait des propositions utopiques et irréalisables. Ce dont la gauche a besoin" pour Ira Feloukatzi.

Et qu'inspire la campagne française dans leur pays ? Pas grand-chose en Grande-Bretagne à en croire Paul Taylor. Mais de tous les candidats, c'est Nicolas Sarkozy qui "cristallise les commentaires, grâce à sa femme ancienne pin-up. Du pain bénit pour la presse people". A l'inverse, note le journaliste : "les caricaturistes ont beaucoup de mal à représenter François Hollande, un mauvais point pour lui". Ses propositions sur la taxation des riches et l'immigration intéressent beaucoup les Grecs, assure Ira Feloukatsi. Eux-mêmes en campagne, les Américains ont d'autres chats à fouetter. "Mais j'ai constaté dernièrement un petit engouement. On m'a commandé un portrait de François Hollande. Et j'ai raconté la prise de la Bastille de Mélenchon", développe Gabriele Parussini. Les Suédois, indique Johan Tollgerdt, retiennent la vivacité des échanges entre candidats. "C'en est quand même fini des envolées qu'on voyait avec Chirac", soupire Ira Feloukatsi, trois présidentielles au compteur. Mais de toute façon, avec les règles du CSA, "il n'y a plus de débats", constate tristement la journaliste. "Maintenant, on ne voit plus que les candidats se balader au marché..."

                                                                     ***

11 octobre 2012

DEBATS – ΤΗΛΕΟΠΤΙΚΕΣ ΣΥΖΗΤΗΣΕΙΣ

10/10/2012 Chaîne Parlementaire LCP PUBLIC SENAT. Voir ce soir l’émission d’actualité « LE 22h ». A partir de 22h15 environ débat des journalistes européens Ira FELOUKATZI (Grèce) Ulrik KOLTERMANN (Allemagne). Thèmes : adoption en France du Traité Européen – crise en Europe – la visite de Mme Merkel à Athènes.

Lien : http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html

10/10/2012 Τηλεόραση της Γαλλικής Εθνοσυνέλευσης PUBLIC SENAT “LCP”. Εκπομπή για την επικαιρότητα « LE 22 » ώρα 22 το βράδυ. Από τα 15.15 λεπτά, συζήτηση ευρωπαίων δημοσιογράφων, Ήρα ΦΕΛΟΥΚΑΤΖΗ (Ελλάδα) Υλρίκ ΚΟΛΤΕΡΜΑΝΝ (Γερμανία). Θέματα: υιοθέτηση στη Γαλλία του Ευρωπαϊκού Δημοσιονομικού συμφώνου, η κρίση στην Ευρώπη – επίσκεψη της κ. Μέρκελ στην Αθήνα.

Ling : http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html

Télévision LCI – Emission « le 17/20 » du 2 Octobre 2012
Débat d’une heure avec six journalistes européens correspondants à Paris, sur des thèmes majeurs d’actualité française et Européenne : Traité Européen, opposition des verts et de la gauche radicale, rigueur, manifestations des indignés en Espagne, en Grèce, en France. Ont participé à ce débat : SOPHIE PEDDER (Grande Bretagne), CHRISTIAN SCHUBERT (Allemagne), JUAN PEDRE QUINONERO (Espagne), ALBERTO ROMAGNOLI (Italie), ANA NAVARO – PEDRO (Portugal), IRA FELOUKATZI (Grèce)

LCI TV
Εκπομπή μίας ώρας, «17/20 » στις 2/10/2012
Τηλεοπτική συζήτηση με πάνελ ευρωπαίων δημοσιογράφων ανταποκριτών στο Παρίσι, για κεντρικά θέματα της γαλλικής και ευρωπαϊκής επικαιρότητας : Ευρωπαϊκό δημοσιονομικό σύμφωνο, αντίθεση των πράσινων και της ριζοσπαστικής αριστεράς, λιτότητα, διαδηλώσεις των αγανακτισμένων στην Ισπανία, στην Ελλάδα, στη Γαλλία.

Συμμετείχαν στη συζήτηση οι δημοσιογράφοι ΣΟΦΙ ΠΕΝΤΕΡ (Μεγάλη Βρετανία), ΚΡΙΣΤΙΑΝ ΣΟΥΜΠΕΡΤ (Γερμανία), ΧΟΥΑΝ ΠΕΝΤΡΕ ΚΟΥΙΝΟΝΕΡΟ (Ισπανία), AΛΜΠΕΡΤΟ ΡΟΜΑΓΚΝΟΛΙ (Ιταλία), ANA NAΒAΡO – ΠEΝΤΡΟ (Πορτογαλία), ΗΡΑ ΦΕΛΟΥΚΑΤΖΗ (Ελλάδα)

***

3/10/2012 DEBAT TELEVISION CHAINE INFO « I.TELE »
LE GRAND JOURNAL, chronique «LE DUEL»
*Duel de deux journalistes indépendantes européennes, ULRIK KOLTERMANN (Allemagne), IRA FELOYKATZI (Grèce) Thèmes : Le coup du travail comparé à l’Europe. La rigueur: solution à la crise ? Première dame : quel statut aux pays de l’Europe ? Coup de gueule

3/10/2012 TΗΛΕΟΠΤΙΚΗ ΣΥΖΗΤΗΣΗ ΣΤΟ ΚΑΝΑΛΙ ΕΙΔΗΣΕΩΝ « I.TELE »
ΤΟ ΜΕΓΑΛΟ ΔΕΛΤΙΟ ΕΙΔΗΣΕΩΝ, χρονικό «Η ΜΟΝΟΜΑΧΙΑ»
*Συζήτηση μεταξύ δύο ευρωπαίων ανεξάρτητων δημοσιογράφων, ΟΥΛΡΙΚ ΚΟΛΤΕΡΜΑΝ (Γερμανία), ΗΡΑ ΦΕΛΟΥΚΑΤΖΗ (Ελλάδα) Θέματα : Το κόστος εργασίας συγκρίσεις στις ευρωπαϊκές χώρες. Η κρίση: λύση στην κρίση; Ο ρόλος της πρώτης κυρίας σε ευρωπαϊκές χώρες. Κριτική άποψη.

                                                                     ***

Assemblée Nationale / Presse Parlementaire

conference de presse de Claude Bartolone 25/9/2012

http://www.assemblee-nationale.tv/chaines.html?media=3398&synchro=1729095&dossier=13

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ARTE Journal - 03/05/12

Présidentielle: le débat télévisé vu d'Europe

Deux correspondants de la presse étrangère installés à Paris ont suivi avec nous le débat entre Nicolas Sarkozy et François Hollande le mercredi 2 mai. Adam Sage, correspondant du journal britannique conservateur The Times et Ira Feloukatzi, correspondante de l'hebdomadaire grec de centre gauche Epikera et de la chaîne Star Television ont décrypté pour nous le duel entre les deux candidats au second tour de l'élection présidentielle française.


Adam Sage

Correspondant du Times

"C'est très frappant, pour moi Anglais, je me rappelle en 2007 la référence c'était l'Angleterre de Tony Blair, maintenant cela a complètement disparu du radar. L'Angleterre c'est quoi et la référence absolue c'est l'Allemagne. Le débat c'est autours de l'Allemagne maintenant de la même façon que le débat était autours du monde anglo saxon il y a cinq ans. Evidemment c'est un débat difficile pour Sarkozy parce que c'est lui qui est arrivé au pouvoir il y a cinq ans disant "Tony Blair Tony Blair Tony Blair", et c'est compliqué pour lui de dire maintenant "Merkel, Merkel, Merkel"!"

Ira Feloukatzi

Correspondante de l'hebdomadaire Epikera

"Sur le plan de l'Europe, on est un petit peu resté sur sa faim, on aimerait que Hollande nous dise davantage sur ses projets pour les banques, par rapport à la Banque centrale européenne évidemment, comment il compte faire avec un véto allemand par exemple. Est-ce qu'il compte s'appuyer plus dans le Sud parce qu'au Sud il y a pas que la Grèce, il y a l'Espagne, le Portugal et la France qui arrive dans la crise. Et on aimerait bien être protégés, trouver des moyens très précis mais on pense que c'est peut être un débat d'après élection. Et là pour les Grecs notamment et pour tous les pays du Sud, le rêve c'est que l'on puisse s'unir dans une force du Sud qui puisse faire entendre sa voix et il y a un espoir qui est placé là en Hollande."

Adam Sage 

"Ce qui frappe dans les propositions économiques c'est qu'elles ne sont guère là. Le monde est effectivement dans une période extrêmement difficile et complexe et face à ces complexités, ces difficultés, les candidats proposent des mesurettes, comme disait ma confrère, c'est des toutes petites mesures. A la fois l'exonération des charges sociales ou le contrat génération c'est minime par rapport au défi qui attende le Président dans le prochain quinquennat. Sans doute, à mon avis, parce que les Français ne veulent pas entendre de propositions qui risquent de bousculer davantage leurs vies."

Ira Feloukatzi

"Sinon sur le plan du style présidentiel, je trouvais que c'était très frappant. Sarkozy nous a habitués à être quelqu'un qui a beaucoup au départ épaté tout le monde avec son style d'un homme qui était soupe au lait, hyper président, très actif. Il a fasciné avec son énergie, avec son charisme. Mais là dans ce débat là j'ai trouvé en fait que c'est Hollande qui a pris le dessus, il a incarné la force tranquille, la solidité, quelqu'un qui était très habile, qui savait s'imposer. On dirait que c'est lui qui a mené le débat."


Adam Sage

"J'ai trouvé Sarkozy bon pendant la plupart du débat mais il part d'une situation qui est tellement difficile et qu'il fallait qu'il emporte une victoire éclatante pour pouvoir inverser la tendance et ce n'est absolument pas le cas. Hollande s'est très bien défendu et s'est plus que défendu pour la plupart du débat. C'est au moins le match nul dont François Hollande avait besoin. Je pense qu'il remportera l'élection maintenant."

Edité le : 03-05-12
Dernière mise à jour le : 03-05-12

                                                                  ***

Eur@adioNantes - EUROPE

Emissions spéciales

Quelques semaines avant l'élection présidentielle, une étude réalisée par l'Institut Opinion Way, à la demande du cabinet d'affaires publiques APCO Worldwide et d'EurActiv.fr, se proposait de mieux cerner et d'analyser le regard porté par les observateurs internationaux en France sur la campagne présidentielle. Cette étude, menée auprès de diplomates, de cadres et de correspondants de la presse étrangère exerçant en France, a été présentée le 4 avril  lors d'un petit-déjeuner débat, autour de représentants de grands médias étrangers en France. L'enquête portait particulièrement sur les grands enjeux économiques et internationaux pendant la campagne.

Débat avec : Ira Feloukatzi, journaliste grecque à Paris (Epikaira, Elefterotypia) Elaine Scioliono, correspondante du New York Times à Paris Paul Taylor, correspondant de l'agence Reuters à Paris Johan Tollgerdt, correspondant du journal Svenska Dagbladet à Paris Alberto Toscano, correspondant italien à Paris (RAI, MediaSet)

Modération : Clémentine Forissier, rédactrice en chef, EurActiv.fr

Lieu : Institut suédois, 11 rue Payenne, 75003 Paris

                                                            ***

CE SOIR OU JAMAIS

FR3 15 Mars

Jean Quatremer
Journaliste

Michel Vakaloulis
Politologue et philosophe

Jacques Sapir
Economiste

Daniel Cohen
Economiste

Ira Feloukatzi
Journaliste grecque et poète

Christian Saint-Etienne
Economiste

                                                                             ***

                  ARTE  JOURNAL

ARTE Journal - 07/05/2012

« Les Grecs voteraient pour François Hollande »

Ira Feloukatzi est correspondante de plusieurs media grecs en France, elle a fait des études de journalisme en France et vit depuis 1966 à Paris. Selon elle les Grecs décident lors des élections législatives de dimanche si la Grèce reste dans la zone euro ou si elle réintroduit la drachme. Selon elle, pour sortir le pays de la crise, beaucoup de Grecs placent leur espoir le même jour dans une victoire de François Hollande qui compte bien remettre en cause la politique du "tout austérité" au niveau européen.

 
Ira Feloukatzi 
zoom

Ira Feloukatzi 

Alexander Wolkers pour ARTE Journal : Comment se présente la situation dans les sondages avant les élections de dimanche ?
Ira Feloukatzi  : Le parti dominant c’est la „Nouvelle démocratie », le parti conservateur, il y aura donc une forme d’alternance. Mais malheureusement aucun parti n’aura la majorité ce qui ouvre la boîte de Pandore : on ne sait pas de quelle façon la Grèce pourrait-être gouvernée et comment on peut former un gouvernement.Quelle est pour vous l'option la plus réaliste?

Ira Feloukatzi  : Ce qui est réaliste et souhaitable selon moi, c'est une coalition des conservateurs avec les socialistes et certains parti de gauche qui pourrait former un gouvernement d’union national. Car la Grèce ne peut être sauvée que par un gouvernement d’union national. Mais malheureusement le parti conservateur de M. Samaras refuse l’alliance avec les socialistes du Pasok parce qu’il y a trop d’animosité historique entre les deux.

Quelle sera la principale tâche du nouveau gouvernement ?

Ira Feloukatzi  : La principale tâche du nouveau gouvernement sera de voir comment faire face au programme de rigueur imposé par l’Europe. Actuellement les choses n’avancent apparemment pas aussi bien qu’elles devraient. En même temps il y a un populisme nationaliste qui monte dans le pays, il y a un mécontentement contre la tutelle européenne. La Grèce est coupée en deux entre les gens qui sont pour le plan européen, qui disent qu’il faut rester en Europe, qui sont très pro-européens et les gens qui prônent un retour à la drachme. Cette partie de la population veut faire comme l’Argentine qui avait quitté la tutelle.

La situation en Grèce est catastrophique. On connait des cas dans le privé où les gens sont obligé de renoncer par écrit à tout leurs acquis sociaux, leurs salaires sont divisés par deux, ils peuvent être licencié à tout moment. Il y a beaucoup de gens qui acceptent de travailler pour 500 euros par mois ou même gratuitement, juste pour garder leur travail. Il y a des magasins qui ferment, des entreprises qui ferment, des journaux qui ferment.

Est-ce que nouveau gouvernement va renégocier les accords avec  l’Union européenne ?

Ira Feloukatzi  : Si le nouveau gouvernement est dirigé par M. Samaras il est sûr et certain qu’il va demander une renégociation. Mais est-ce que M. Samaras sera en mesure de négocier pour sortir la Grèce d’une forme de tutelle qui apparaît autoritaire et qui n’aboutit à rien ? On ne sait pas. En tous cas on ne peut pas faire avancer les choses avec une économie qui est complètement à terre.

Une chose est sûre, si rien n’est fait la Grèce va sombrer et elle sera tentée de tourner la page et de dire on ne paye plus, on sort de l’euro, on opère une dévaluation pour donner un peut de souffle au pays, pour redevenir compétitif et attirer les investissements étrangers.

Comment les grecs voient-ils la présidentielle française de dimanche ?

Ira Feloukatzi : Ils placent tout leurs espoirs en Hollande ! Je peux vous dire si les Grecs pouvaient voter ils voteraient pour Hollande. Tous les partis espèrent un changement, une impulsion, un sursaut européen, car la France est un très grand pays. On espère que la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce formeront une axe car c’est tout le sud qui est menacé par cette crise. La sensibilité des gens du sud n’est pas la même que la sensibilité  des gens du nord. Et il faut voir que sur 27 pays au moins quatre sont dans une situation catastrophique, même cinq si l’on compte l’Irlande. Et même la France est menacée par une forte crise si elle ne fait pas attention. Alors à partir de lundi tout ces pays vont exercer une pression à Bruxelles pour que l’on entendent la voix de ces peuples.

                                                                        ***

Et je remets le chon 07/04/2012 à 18h32

En Europe, la vague Mélenchon intrigue et séduit

Liza Fabbian | journaliste

De la Grèce à la Belgique, l’engouement pour le candidat du Front de Gauche surprend les observateurs et revigore syndicalistes et militants de gauche.


Place de la Bastille, lors de la Marche pour la VIe République le 18 mars (Audrey Cerdan/Rue89)

La manifestation place de la Bastille a fait office de déclencheur médiatique, la percée dans les sondages l’a confirmée : la vogue Mélenchon intrigue et inspire les observateurs étrangers.

Les correspondants de la presse étrangère n’ont pas tous vu venir cette percée. Depuis, ils se rattrapent, et multiplient les papiers sur le troisième homme de la campagne, surnommé « le pitbull qui aimait la poésie » ou encore « l’homme à la cravatte rouge ».

Suisse. Jean-Noël Cuénod, correspondant du journal La Tribune de Genève à Paris, qui l’a décrit comme l’héritier du révolutionnaire Gracchus Babeuf, ne cache pas son plaisir : « Ça nous change de l’épicerie Le Pen à la troisième place ! », tonitrue-t-il. Et c’est avec une certaine fierté qu’il déclare avoir repéré Jean-Luc Mélenchon « il y a deux ans déjà » :

« A mes yeux, c’est une sorte de retour à la normale, à une certaine France traditionnelle, autoritaire, partageuse et égalitaire ! Il faut dire qu’elle est vraiment nulle cette campagne, ça fait du bien de voir un garçon talentueux.

Et lui au moins, il sait parler français ! »

« Il a pas mal engueulé les journalistes »

Suède. La verve du « tribun » continue de surprendre les observateurs étrangers, pas vraiment habitués à ce style. Le flegmatique journaliste finalndais Johan Tollgerdt, qui contribue à plusieurs médias suédois, se rappelle ses réticences initiales :

« Il a quand même pas mal engueulé les journalistes, qui n’avaient pas une très bonne opinion de lui au début. Et pourtant, les électeurs français ne se sont pas laissés impressionner, ils l’ont écouté. Jean-Luc Mélenchon est la preuve qu’il y a en France une sociale démocratie vivante, en laquelle ses habitants croient encore. »

Italie. Pour les observateurs étrangers, la popularité du candidat Mélenchon est le signe d’un possible sursaut de la gauche de la gauche, au-delà même des frontières françaises. L’Italien Alberto Toscano est collaborateur pour la RAI, et relève l’intérêt de l’engouement pour le Front de gauche pour les radicaux italiens :

« Depuis son réveil brutal aux législatives de 2008, le parti radical italien est orphelin sur le plan intellectuel. Cette nouvelle composante politique qui fera sans doute partie du prochain gouvernement français intéresse plus que le PCF, qui apparaissait comme un partenaire un peu obsolète. »

« Une forme de pression dont on avait besoin »

Grèce. D’abord réticente, la journaliste grecque Ira Feloukatzi a changé d’avis lors d’une manifestation devant l’ambassade de Grèce à Paris en février :

« Même si ses propositions me semblent assez utopiques, il parle de façon sensible du problème grec. C’est une forme de pression dont on avait besoin. »

La journaliste a noté un intérêt manifeste de la part de certains de ses concitoyens pour le candidat du Front de Gauche, qu’ils expriment notamment sur le Web :

« Les Grecs sont bien informés et très friands de culture française. Il représente un rêve, dans lequel tout le monde ne doit pas nécessairement suivre les mêmes prescriptions et entrer dans le même moule. »

Petros, 23 ans, est jeune militant de Siriza, petit parti membre de la coalition de la gauche radicale grecque. Il a « évidemment » entendu parler de Jean-Luc Mélenchon :

« J’ai trouvé que l’idée d’organiser une manifestation pour fêter la prise de la Bastille était fantastique. Plusieurs amis ont mis des photos des manifestants sur Facebook. Mais je me méfie de ceux qui ont appartenu à des gouvernements corrompus. »

Mélenchon inspire les syndicalistes belges

Belgique. Et si le candidat Mélenchon faisait une étape de leur côté de la frontière belge ? L’appel a été lancé par le FGTB, l’un des principaux syndicats belges, dans un communiqué suivant la mobilisation de « centaines de Belges » lors du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Lille, le 28 mars. Paul Lootens, secrétaire général du FGTB, explique :

« Nous avons constaté un élan spontané parmi les militants. Donc nous avons décidé de nous organiser en affrétant des bus pour les emmener à Lille. »

La campagne présidentielle est largement suivie dans la partie francophone du pays, où les socialistes sont bien implantés. Jean-Luc Mélenchon y est fort populaire et son mouvement cristallise l’espoir « de voir la concrétisation d’une nouvelle résistance de gauche en Europe », selon les termes du communiqué publié par la FGTB, au lendemain du meeting de Lille. Paul Lootens :

« C’est encourageant de voir la gauche de la gauche reprendre des couleurs. Mais chez nous le contexte est différent, nous n’avons personne avec les mêmes talents d’orateur, ni un appareil militant aussi performant. »

Certains comptent pourtant bien s’inspirer des succès du candidat français. Le député Bernard Wesphael, par exemple : le chef de la formation écolo au parlement wallon a annoncé en début de semaine dernière qu’il quittait le parti dont il est l’un des fondateurs, tout en déclarant que s’il était français, il « voterait Mélenchon » :

« Il y a un vide politique énorme entre la social-démocratie qui a trahi toutes ses valeurs et une droite de plus en plus arrogante. Je suis persuadé que le succès du Front de gauche est le signe que quelque chose bouge en Europe. C’est un phénomène qui va faire tache d’huile et dépasser les frontières. »

Le parlementaire indique qu’il est actuellement « en train de vérifier si une telle mouvance aurait une place en Belgique ». De leur côté, les représentants du Parti de Gauche ont fait savoir qu’ils suivaient ce projet de près.

« La gauche peut créer une dynamique »

Grande-Bretagne. En Grande-Bretagne enfin, on note que l’engouement pour le Front de gauche prouve que les rapports de force ne sont pas figés. Le Guardian fait ainsi un parallèle entre la poussée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et les résultats d’un scrutin local à Bradford. George Galloway, candidat à forte personnalité du parti Respect, y a remporté une victoire très inattendue ce mardi :

« Dans les deux cas, il s’agit d’ex-membres du principal parti de gauche qui, en usant d’un charisme populiste et radical, ont su mobiliser les électeurs soumis à l’austérité contre une élite ayant échoué à leur fournir des solutions depuis des décennies. »

Si ces hommes ne représentent pas, selon lui, une menace réelle pour les grands partis, le journaliste du Guardian ajoute :

« Mélenchon et Galloway viennent rappeler que la gauche peut créer une dynamique politique si elle est prête à se faire la porte-parole des préoccupations réelles des gens. »

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